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Décryptage / Débat

Les perturbateurs endocriniens sont-ils responsables d'une baisse de QI en Occident ?

ENONCÉ DES FAITS

Un livre et un documentaire ont récemment mis en lumière les résultats d’une série d’études qui attribue aux perturbateurs endocriniens la responsabilité d’une augmentation de l’incidence des troubles mentaux et la responsabilité d’un quotient intellectuel (QI) diminué dans les pays occidentaux. Ces études scientifiques, le livre et le documentaire télévisé qui en résultent proviennent d’auteurs qui travaillent en collaboration, et ces travaux sont basés sur une hypothèse de travail commune présentée ci-après. Les conclusions présentées sont très alarmistes, puisqu’elles évoquent une baisse généralisée de l’intelligence, avec des conséquences aussi bien en termes d’épanouissement personnel que de performance économique globale pour la société ; un coût de l’ordre de 200 milliards d’euros est même évoqué en ce qui concerne l’Union européenne.

Eclairage parlons-en

Cependant, l’examen des faits scientifiques permet une analyse différente de la situation. En effet, les travaux à l’origine de ces documents, exposés ici (Trasande et al., 2016), ont été vivement critiqués par de nombreux scientifiques. Notamment, leur analyse détaillée montre l’absence de relation de causalité entre les expositions présumées à des perturbateurs endocriniens et la baisse du QI (Bond & Dietrich, 2017). Conséquemment, ces auteurs considèrent que l’estimation de l’impact financier pour la société est infondée. En particulier, l’immense majorité de l’effet attribué aux perturbateurs endocriniens sur la baisse des capacités intellectuelles des européens est imputée aux pesticides organophosphorés, et en particulier à l’un d’entre eux, le chlorpyrifos. Or, l’effet de ce pesticide sur notre santé a fait l’objet de nombreux travaux, et, devant l’absence de données suggérant son caractère perturbateur endocrinien, l’agence américaine pour la protection de l’environnement (US EPA) ne l’a pas inclus dans la liste des substances prioritaires pour une évaluation approfondie (US EPA, 2015).

Retrouvez également la critique du documentaire télévisé dans la tribune de Géraldine Woessner sur Europe1 :
http://www.europe1.fr/emissions/le-vrai-faux-de-l-info2/le-quotient-intellectuel-baisse-t-il-annee-apres-annee-3491882

Autres critiques des travaux sur l’effet des perturbateurs endocriniens sur le QI :
https://www.franceculture.fr/emissions/de-cause-a-effets-le-magazine-de-lenvironnement/notre-qi-malade-de-lenvironnement
http://www.liberation.fr/futurs/2017/11/22/notre-qi-est-il-vraiment-en-train-de-baisser_1610778

Bibliographie
US EPA, 2015 Endocrine Disruption Screening Program (EDSP) Tier 1 weight of the evidence evaluation of the potential interaction of chlorpyrifos. https://www.epa.gov/sites/production/ files/2015-06/documents/chlorpyrifos-059101_2015-06-29_ txr0057162.pdf. Accessed on 2 Nov 2016
Bond, G. G., & Dietrich, D. R. (2017). Human cost burden of exposure to endocrine disrupting chemicals. A critical review. Archives of Toxicology, 91(8), 2745–2762. https://doi.org/10.1007/s00204-017-1985-y
Trasande, L., Zoeller, R. T., Hass, U., Kortenkamp, A., Grandjean, P., Myers, J. P., … Heindel, J. J. (2016). Burden of disease and costs of exposure to endocrine disrupting chemicals in the European Union: an updated analysis. Andrology, 4(4), 565–72. https://doi.org/10.1111/andr.12178

Source :
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5244983/
https://www.arte.tv/fr/videos/069096-000-A/demain-tous-cretins/
https://www.odilejacob.fr/catalogue/sciences/neurosciences/cocktail-toxique_9782738140067.php
                                                                       
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