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Décryptage / Débat

Perturbateurs endocriniens dans l’eau : comment la sécurité est-elle assurée ?

ENONCÉ DES FAITS

L’eau, jadis un important vecteur de maladies dans notre pays, a vu sa qualité considérablement s’améliorer pour devenir très bonne, ce qui est attesté par les nombreux contrôles supervisés par l’Etat . Ceux-ci visent au respect des normes sur la qualité bactériologique et sur les concentrations maximales de certains produits chimiques, d’origine synthétique comme naturelle, dans l’eau potable, les eaux naturelles ou en sortie de stations d’épuration.
Les normes actuelles visent à respecter les concentrations maximales à ne pas dépasser pour certaines substances ou familles de substances. Dans le cas des perturbateurs endocriniens, ces normes sont discutées, voire remises en cause par certains acteurs en raison des effets potentiels de certains d’entre eux même à faible dose (donc en dessous des concentrations maximales autorisées), et du manque de connaissances sur de possibles potentialisations entre les effets de différentes substances (on parle d’effets cocktails). Il convient de rappeler que certaines d’entre elles ont été établies sans lien avec les propriétés toxicologiques des substances concernées.

Eclairage parlons-en

De nombreux travaux sont aujourd’hui en cours pour améliorer nos connaissances quant à la présence de perturbateurs endocriniens dans l’eau, et leur effet sur la santé humaine. Une étude du centre de recherche de la Commission européenne en ce sens confirme que les normes sont protectrices dans le domaine des perturbateurs endocriniens qui miment les hormones œstrogènes et androgènes, même dans des cas spécifiques de mélanges de substances dont les concentrations sont proches du taux maximal autorisé. En revanche, cette étude a également montré que dans le cas de ces mêmes mélanges, le facteur de sécurité entre concentrations maximales autorisées et effets observés était moins important que prévu. Les auteurs en ont conclu le besoin d’une meilleure prise en considération des effets des mélanges dans la gestion de la qualité de l’eau.

Dans ce contexte, la France s’est dotée du « plan micropolluants 2016-2021 » dont l’ambition est d’améliorer la lutte contre les pollutions de l’eau. Les perturbateurs endocriniens y sont bien entendus pris en compte. Le « plan micropolluants » vise à réduire les émissions de polluants déjà identifiés, améliorer la recherche sur l’identification des autres polluants et les dangers associés, et sur la base ces travaux, dresser les listes de micropolluants sur lesquels agir.

Les émissions de pollutions susceptibles de contenir des perturbateurs endocriniens ont été drastiquement diminuées ces dernières décennies, en particulier par les émissions des installations industrielles. Par exemple, les rejets de métaux ont été diminués d’un facteur 3 depuis 2000, tout comme la DCO (demande chimique en oxygène, un indicateur reconnu de contamination chimique).

Avec la mise en œuvre de mesures pour la protection des captages destinés à l’alimentation en eau potable, le développement de techniques innovantes de traitement des eaux usées et de potabilisation de l’eau destinées à éliminer les contaminants chimiques la qualité de la ressource en eau destinée à la consommation humaine devrait continuer à s’améliorer.

Bibliographie
Qualité de l’eau en France
Etude du centre de recherche de la Commission européenne
Plan micropolluants 2016 – 2021 pour préserver la qualité des eaux et de la biodiversité
                                                                       
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